Siège Ejectable

Pour ceux qui en doutaient encore, la campagne sur l’identité nationale lancée par le gouvernement est venue confirmer que les idées de l’extrême droite sont au pouvoir. “Je veux du gros rouge qui tâche” était la consigne présidentielle, et le ministre de l’Intérieur résumait bien la volonté du gouvernement: “le message était: affirmez vos convictions, n’hésitez pas à cliver.” On ne pouvait être plus clair. En temps de crise mondiale, qui n’épargne pas et n’épargnera pas la France, la préoccupation politicienne était au détournement d’attention.
Heureusement, ce pseudo-débat a rencontré une assez vive opposition: du refus de débattre, à la dénonciation de la mascarade, en passant par l’affirmation d’identités internationales et multiculturelles. Malheureusement, cette opposition ne s’est pas affirmée vivement.
Surement symptôme d’une culture politique franchouillarde, nul n’a saisi l’opportunité de développer la critique de l’identité en général. Ces identités de genres, de classes, d’origines nationales, religieuses, qui nous enferment et nous normalisent. Cette croyance en l’Identité qui se traduit dans une idéologie de l’homogénéité positive, garante de force et de puissance. Quelle place alors pour les différences, l’inattendu, l’indescriptible ? Et si nos émancipations se trouvaient en fait dans ce qui n’est pas identifiable ? Ce qui nous identifie nous protège-t-il ou nous enferme-t-il ? Les néo-fascistes ne s’y trompent pas en nommant leurs mouvements “identitaires.” Eux, comme le gouvernement, s’en sont donnés à cœur joie: multipliant provocations et propos racistes à l’occasion de cette campagne de communication politique. Loin d’avoir été “siphonné”, le Front National s’en est trouvé revigoré, réaffirmant sa présence électorale.


Arg !


Ce qu’il faut faire oublier et ravivant la peur de l’Autre, c’est une situation économique hors contrôle. La France aurait soit-disant affronté la crise avec brio. Il faudra l’expliquer aux viré-e-s de tous les secteurs. Le plus probable est surtout que la dépression n’ait pas encore atteint sa forme la plus violente. Rien ne permet de penser que la France est à l’abri d’un scénario à la grecque. Tout est bon pour spéculer, même bien sûr la dette d’un Etat. Qui peut stopper ce mécanisme destructeur si ce n’est nous-même ?
Nombreux sont ceux et celles qui en semblent bien conscient: on n’aura jamais vu autant de grèves spontanées, de séquestrations de patrons et d’occupations surgir ces derniers temps. Cette colère s’est aussi traduite dans les élections régionales. La majorité présidentielle s’est pris un sacré coup de pied au derche en se faisant écraser partout. La majorité droitière est de plus en plus divisée et tremble dans ses bottes. Sur quelle légitimité peut continuer à s’appuyer un gouvernement après une telle claque ? Avec plus de 50% d’abstention, de nombreuses personnes se sont insurgées poliment contre l’autisme politique. Comme si tout ne tenait plus qu’à un fil... il suffit peut être d’arrêter d’être poli..

Printemps 2010 - Joke A Dit !!! Editorial


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